LES INJECTIONS DE GRAISSE LIPOFILLING, LIPOMODELAGE

  • Injection de graisse
  • Liposuccion
  • Lipofilling, Lipomodelage

Le lipofilling est une nouvelle technique d’injection consistant à prélever de la graisse sur le corps du patient pour la transférer et la réinjecter au niveau des seins, de la poitrine, du visage, ou encore des fesses. C’est une technique 100% naturelle, convenant aux personnes ne souhaitant pas recourir à des implants ou autres produits résorbables.

HISTORIQUE

Depuis les années 90, le lipofilling/lipostructure selon Coleman connaît une ascension importante dans les interventions de chirurgie esthétique.

A la base conçue pour le rajeunissement facial, cette technique a été adaptée à de nombreuses autres interventions de chirurgie plastique et réparatrice. Le premier lipofilling a été réalisé à la fin du 19ème siècle (1893) par Gustav Neuber. Il a utilisé cette technique pour atténuer les séquelles esthétiques d’une infection au visage.

Après cette première intervention, plusieurs chirurgiens ont tenté de reproduire cette technique, de manière approximative (mauvaise greffe, séquelles, …) et le lipofilling n’a pas connu le succès important qui lui était promis.

Un siècle plus tard, en 1983, le Dr Yves-Gérard Illouz invente la liposuccion pour prélever la graisse et minimiser les séquelles sur le donneur. De nombreux chirurgiens esthétiques s’en inspirent, avec les premiers transferts de graisse par lipoaspiration, jusqu’en 1991, où le Dr Sidney Coleman développe une technique fiable et plus simple à reproduire (on parle à l’époque de lipostructure).

Depuis, les interventions utilisant l’injection de graisse se sont multipliées pour s’étendre à d’autres zones du corps : visage, fesses, poitrine, …

PRINCIPES DES INJECTIONS DE GRAISSE (LIPOFILLING OU LIPOMODELAGE)

Le lipofilling, appelé aussi lipomodelage (ou lipostructure) est l’injection de la propre graisse du patient prélevée au niveau d’une zone par lipoaspiration, purifiée et filtrée, puis réinjectée dans une autre zone du corps. La technique de lipofilling est divisée en quatre étapes.

Pour obtenir un tissu d’une qualité optimale et améliorer la viabilité de ce dernier, ces étapes clés doivent être strictement respectées.

Les zones traitées :
les injections de graisse permettent de restaurer les volumes perdus ou manquants, au niveau des zones creusées telles que :

  • les fessiers
  • les seins
  • les mollets
  • les pommettes
  • les lèvres
  • le menton
  • les tempes
  • les cernes creux

ÉTAPES DU LIPOFILLING/LIPOMODELAGE

1. INFILTRATION DE LA ZONE A PRELEVER

L’infiltration de la zone à prélever permet d’identifier et pré-dissocier le tissu adipeux, en amont du prélèvement. De plus, la présence d’adrénaline dans la solution d’infiltration va aider à réduire les saignements au moment de la liposuccion.

2.PRELEVEMENT (LIPOSUCCION)

Le prélèvement du tissu adipeux peut être fait manuellement, ou à l’aide d’un appareil d’aspiration. Dans tous les cas, une attention particulière doit être portée sur le contrôle de la pression négative appliquée au tissu, afin de préserver la viabilité des adipocytes (cellules de stockage de la graisse).

3.PURIFICATION

Après la liposuccion, le tissu prélevé est mélangé à la solution d’infiltration, qui contient des débris cellulaires. Pour améliorer les résultats du lipofilling et réduire la résorption du greffon, le tissu doit être concentré et la phase liquide éliminée. Cette étape peut être réalisée à l’aide d’une décantation, d’une centrifugation ou encore d’une filtration. La

centrifugation est la technique la plus efficace, toutefois, ses paramètres doivent être contrôlés afin de concentrer le tissu tout en préservant sa viabilité.

4. REINJECTION

La réinjection est la dernière étape du lipofilling et est d’une importance maximale pour assurer la meilleure prise de greffe. Effectuée à l’aide de micro-canules de 7 et 9 cm de long, à bout mousse pour éviter de blesser des structures vasculaires, elle fait l’originalité de la lipostructure et des modes de greffe adipocytaire moderne.

Les adipocytes sont déposés en reculant la canule. Cette greffe se fait dans différents plans, par micro-dépôt, à partir de plusieurs micro-points d’entrée, de façon radiaire et à l’aide de micro-canules. Il n’y a pas formation de lacs ou de « masse » graisseuse mais des microparticules non confluentes.

Une immobilisation de quelques jours améliore la prise des adipocytes à l’instar de toute greffe (cutanée, cartilagineuse, osseuse…) en chirurgie plastique. L’arrêt du tabac est aussi un facteur primordiale afin d’obtenir une parfaite prise de greffe et réduire au maximum le taux de résorption.

LES SUITES POST-OPERATOIRES

Les douleurs sont peu importantes. L’oedème qui peut être assez important, apparaît surtout pendant les 48 premières heures et mettra de 5 à 15 jours pour se résorber. Des ecchymoses peuvent être présentes. Une gène sociale, entraînée par l’oedème et les ecchymoses est donc à prévoir.

L’exposition au soleil devra être évitée pendant le premier mois. Le résultat final sera apprécié au 3e mois.

Même si le résultat est bon, sans nécessité de retouche, la poursuite du vieillissement ou de la prise médicamenteuse dans les cas de lipoatrophie d’origine médicamenteuse pourront indiquer après un délai variable une nouvelle séance de comblement.

Par ailleurs, en cas d’imperfection (dépression, irrégularités) de petites retouches sous anesthésie locale peuvent être effectuées à partir du 6e mois : des injections complémentaires mais aussi des lipoaspirations sont possibles.

La survie du tissu adipeux greffé a été prouvée par différentes études histologiques, biochimiques, radiologiques et cliniques. La résorption est variable en fonction de la zone comblée et du tabagisme du patient. Il est en effet vivement conseillé d’effectuer un sevrage 1 mois avant et 1 mois après l’intervention afin d’optimiser le taux de résorption de la graisse qui est aussi variable selon la zone à traiter.

QUELS RISQUES DE COMPLICATION ?

L’oedème, les ecchymoses

Ils ne constituent pas vraiment une complication. Il s’agit de conséquences habituelles dont il faut prévenir les patientes. Les nombreux passages de canules constituent une agression qui est responsable d’un œdème souvent important.

Nodules, irrégularités ou malpositions

Certaines irrégularités peuvent exister avec la lipostructure en cas de mauvaise technique de réinjection (non uniforme ou trop superficielle)

La nécrose du tissu réinjecté (cytostéatonécrose) est un problème de revascularisation du tissu réinjecté. Cette revascularisation se fait de la périphérie vers le centre, la greffe est d’autant plus fiable qu’elle est faite en petite quantité.

La résorption

Les facteurs de résorption sont variables. Néanmoins on peut en identifier quelques-uns :

  • un prélèvement trop hémorragique (souvent chez les patientes maigres ayant peu de graisse sous cutanée) ;
  • un hématome ou une infection au site receveur ;
  • une sous correction favorisée par l’oedème provoqué par les passages de la canule ;
  • la migration du tissu réinjecté ;
  • de la pureté de l’adipocyte et de leur volume ;
  • du caractère atraumatique de la déposition ;
  • de la qualité de la zone receveuse ;
  • de la possibilité d’immobiliser la greffe.

La vascularisation de la zone receveuse peut être altérée par radiothérapie localisée ou par le tabagisme.

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